L’art cistercien – le Collège des Bernardins

L’art cistercien

L’art cistercien – le Collège des Bernardins

Contexte historique de l’apparition de l’art cistercien 

La Règle de Saint Benoît

L’art cistercien est apparu en 1098 étroitement lie à la religion. C’est donc une forme de protestation contre les monastères clunisiens qui ne respecte plus la règle mise en place par Saint Benoît, au VIe siècle. Cette règle vise à guider les disciples dans la vie monastique communautaire. Pour être plus précis, elle oriente la spiritualité, organise en détail la liturgie, le travail et le temps libre des moines de manière à vivre dans la simplicité et sans exagération. Saint Benoît veut que « les forts désirent faire davantage, et que les faibles ne se découragent pas » 

La Règle citée relève les vertus monastiques: l’obéissance, l’humilité et l’esprit de silence. Vous l’avez compris, elle constitue le cœur de la vie du moine.

 

La reforme de la Règle

Mais les années passent et les moines oublient cette règle. C’est pourquoi au début du Xe siècle, la méconnaissance de cette règle conduit  l’Église à une réforme des ordres monastiques. Même si c’est Robert de Molesme qui créé cette réforme, l’art cistercien est étroitement lié à Saint Bernard. Car ce dernier contribue aux renforcement des valeurs morales sur lesquelles se base la spiritualité cistercienne: travail, pauvreté, chasteté, simplicité, fraternité, silence, solitude, méditation, recherche du sens et de l’unité. Il encourage ses fidèles à rejeter la richesse et le luxe, synonyme du vol des pauvres. Bernard de Clairvaux souhaite représenter la Règle bénédictine dans l’espace par l’intermède de l’architecture. Selon lui, pour pouvoir servir Dieu selon la Règle il faut construire un oratoire, un réfectoire, un dortoir, une hôtellerie et une porterie. Ainsi il supprime le superflu dans le but de valoriser la vie spirituelle et non la vie matérielle. 

En effet, à partir de Xe siècle et jusqu’à la Révolution, l’art cistercien influence la société sur le plan intellectuel et économique mais aussi dans le domaine des arts et de la spiritualité.

L’architecture cistercienne 

L’art cistercien L’architecture cistercienne se caractérise par des bâtiments remarquables avec des lignes pures et un plan simplifié ce qui permet l’économie des matériaux. Comme je l’ai dit toute à l’heure, les abbayes cisterciens se remarquent par la sobriété de l’architecture et la quasi-absence des ornements car la pensée doit se diriger uniquement vers Dieu.

La première fonction d’une architecture cistercienne est donc de louer Dieu, ainsi les lieux saints sont dépourvu de décorations et de couleur. Les abbayes cisterciennes font la transition entre l’architecture romane et l’architecture gothique grâce à l’invention de l’arc brisé. Les abbatiales sont percé par des oculus sans croix et sans couleurs. Les sculptures sont totalement enlevés sur les tympans des portails et sur les chapiteaux. 

Les architectes se chargent de bâtir leur construction sur des fonctionnalités hydrauliques, en rapport avec la lumière du jour et avec des matériaux disponibles dans la région. La solution pour répondre à ce triple défi est la croisée d’ogive car on utilise moins de pierre que pour la voûte romane, elle permet également d’augmenter la hauteur.  

Ainsi la pierre est choisie pour limiter les risques d’incendie, les élévations et la luminosité représentent la spiritualité, cependant le coût de chantier n’augmente pas. 

Quelques monastères cisterciens édifiés au XIIe siècle à l’esthétique admirable subsistent en France et notamment à Paris.

Les dimensions immatérielle de l’architecture cistercienne

L’acoustique

Dès qu’on rentre dans une église cistercienne on remarque tout d’abord son acoustique. En effet la Parole de Dieu doit remplir la voûte de la vaste architecture par le chant liturgique et la parole. Imaginez que la sonorité est tellement amélioré qu’une seule voix peut représenter le chœur. 

La lumière 

Ensuite, place au jeu de lumière. Si dans l’art roman l’architecture est plutôt sombre, l’architecture cistercienne alterne les jeux d’ombre et de lumière. Le but est donc d’offrir une interprétation de la présence de Dieu, lumière éternelle accommodée à notre vie humaine. Ainsi la lumière douce et non aveuglant, est mesurée et guidée par l’architecture.

Le rôle de la lumière est capital car elle permet de valoriser la matière, en l’occurence la pierre. Ce qui explique le dépouillement de toute ornementation et la volonté d’orienter le regard vers vers l’essentiel. Ainsi la pierre nue n’est pas un obstacle entre les fidèles et Dieu.

Le Collège des Bernardins – exemple d’architecture cistercienne à Paris

L’art cistercien Souhaitez-vous voir un exemple d’architecture cistercienne? Je vous propose d’aller voir le Collège des Bernardins, situé au 20 rue de Poissy dans Paris 75005. Vous avez donc l’accès gratuit à la nef tout au long de l’année. Par contre si vous voulez voir l’ensemble du bâtiment il faut attendre les journées du patrimoine. Si l’histoire de ce collège vous interpelle c’est par ici

Si vous êtes intéressés par l’architecture religieuse ces articles sont faites pour vous!   

Rendez-vous sur Hellocoton !
Partagez cette article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
    387
    Partages
  • 387
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.