La nécropole royale de Saint-Denis

nécropole de Saint-Denis

La nécropole royale de Saint-Denis : un musée de la sculpture funéraire

Dans la célèbre basilique de Saint-Denis est conservée la plus grande collection de tombeaux royaux au monde. De Clovis à Louis XVI, vous y verrez les portraits de pierre des rois de France. Chaque époque a eu sa façon de les sculpter. 

Note : cet article est une chronique invitée écrite par Laurent Ridel, du blog Décoder les églises et les châteaux

Bienvenue dans le 9-3, département qu’on imagine sorti de terre que depuis quelques dizaines d’années. C’est pourtant ici que se trouve un haut-lieu du Moyen Âge : la basilique de Saint-Denis. Cette ancienne abbaye fut la première église gothique au monde. Mais ce n’est pas son seul intérêt. 

On visite aussi Saint-Denis pour son exceptionnelle collection de tombeaux sculptés : 72 rois, reines, princes ou princesses de France. À travers cette prestigieuse galerie de personnages, vous parcourez donc l’histoire de la royauté. Pour les amateurs d’art, le site offre en prime un raccourci saisissant de la sculpture funéraire du XIIIe au XIXe siècle. 

Les rois choisissent Saint-Denis comme dernière demeure

Avant d’admirer ces merveilles, pourquoi une telle concentration de monuments se trouve-t-elle à Saint-Denis?

Dès le VIIe siècle, quelques rois s’y font enterrer. Le lieu a en effet une aura spéciale. L’église serait bâtie sur la tombe de saint Denis, l’homme qui a converti les Parisiens et qui aurait été leur premier évêque.

Afin de renforcer le prestige de leur monastère, les abbés de Saint-Denis convainquent les rois de France d’élire systématiquement leur sépulture ici. Une répartition des rôles s’instaure : à Reims, les souverains se font sacrer; à Saint-Denis, ils se font enterrer. L’abbaye devient officiellement la nécropole royale au XIIIe siècle. 

Du gisant à l’orant

Vers 1263, saint Louis lance une nouvelle pratique funéraire : orner la sépulture de ses prédécesseurs d’une grande sculpture, le gisant. 

Le gisant est une représentation couchée du défunt. Vous en trouverez un peu partout dans les églises de France, mais c’est à Saint-Denis qu’on en voit le plus grand nombre. On pourrait croire qu’ils dorment tous dans un repos éternel. Non, regardez bien : chacun garde les yeux ouverts. Sereinement, ils attendent la résurrection. 

À partir du XVIe siècle, la mode du gisant est progressivement supplantée par la mode de l’orant. Car, comme dans l’habillement, il y a des modes en sculpture funéraire, sauf qu’elles peuvent durer des centaines d’années. L’orant représente le défunt à genoux en attitude de prière. 

Des portraits de plus en plus ressemblants

Les plus anciens gisants de la basilique semblent stéréotypés : la même raideur, le même visage barbu, une main repliée sur le cœur. Progressivement, les statues s’individualisent. Elles deviennent véritablement les portraits des souverains. Saint-Denis se transforme en une sorte de musée Grévin où la cire serait remplacée par la pierre calcaire ou le marbre. Vous reconnaîtrez le roi Philippe III le Hardi (1270-1285) à son beau visage d’âge moyen (il est mort à 40 ans) et à sa mâchoire carrée. À travers le regard et le léger sourire de son fils Philippe le Bel (1285-1314), se devine un homme malicieux. Le portrait en arrive à traduire la psychologie du personnage. 

Ce souci de ressemblance en devient même cruel au XVIe siècle. À cette époque, les sculpteurs n’hésitent pas à reproduire le roi ou la reine à l’agonie. Que ce soit les stigmates de la vieillesse ou les souffrances à la veille de la mort, les artistes n’en cachent rien. Pour faciliter ce réalisme, ils s’appuient sur un masque de cire qu’on a posé sur le cadavre.  

Menace sur la nécropole

Cet ensemble exceptionnel de tombeaux a failli disparaître. En 1793, les Révolutionnaires décrètent la destruction en France de tous les objets, signes et symboles évoquant la monarchie. Les gisants entreposés à Saint-Denis sont bien sûr dans le viseur. Le gouvernement paie des ouvriers pour abattre à coup de masse plusieurs monuments funéraires; à l’initiative d’un amateur d’art, Alexandre Lenoir, d’autres sont néanmoins transférés dans une petite église de Paris en attente de leur sort définitif. 

Après la Révolution et l’Empire, ces éléments sauvés regagnent leur demeure d’origine. Ils forment aujourd’hui le cœur de la collection de Saint-Denis. D’autres tombeaux, provenant d’églises diverses, les ont rejoints. Par exemple ceux de Clovis ou d’Henri III. Forts actuellement de 72 gisants ou orants, la nécropole royale de Saint-Denis conserve le plus riche ensemble funéraire médiéval en Europe. Une bonne raison pour la visiter. 

En savoir plus : pour connaître le destin qui se cache derrière certains gisants, lisez les Histoires curieuses des tombeaux royaux de Saint-Denis sur le site Décoder les églises et les châteaux

Accès

1, rue de la Légion d’Honneur

93200 Saint-Denis

L’accès à l’église est gratuit sauf les parties (le chœur et le transept) où sont rassemblés les gisants. Horaires et tarifs sur le site officiel de la basilique de Saint-Denis

Si vous êtes intéressé par les lieux où reposent les grandes personnalités vous allez certainement aimer le Panthéon! https://devoiler-ile-de-france.com/pantheon/

Rendez-vous sur Hellocoton !
Partagez cette article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
    392
    Partages
  • 392
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

1 commentaire sur “La nécropole royale de Saint-Denis

  1. Bonjour Ana,
    Je reviens visiter ton site, en attendant de visiter Paris.
    Je connais un petit peu quand même pour y avoir fait des stages et j’ai aussi mon beau frère qui habite Morangis 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.